Éditorial du Directeur Général de l’OSER

Au lendemain de son indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire a consenti d’importants efforts financiers à l’effet de doter le pays d’infrastructures routières, supports indispensables pour un développement harmonieux de l’économie. D’ailleurs on a coutume de dire que la route précède le développement.

C’est pourquoi de 25 000 Km de route hérités en 1960 de la colonisation dont 700 Km bitumés, le réseau national va se développer et atteindre les 45 400 Km en 1980 dont 3 100 Km de bitume, les 80 000 Km en 1999 avec 6 500 Km de bitume et 143 Km d’autoroute, et aujourd’hui les 100 000 Km avec 8 100 Km de bitume dont 243 Km d’autoroute.

Ce cadre de développement va alors accroître la mobilité des populations grâce à la motorisation des transports. Le véhicule autrefois considéré comme un luxe est devenu un moyen de déplacement à la portée de tous. Le parc automobile va donc évoluer très rapidement allant de 23740 en 1960 pour atteindre successivement 100 000 véhicules en 1970, 182 000 en 1978, 250 000 en 1998 et plus de 300 000 de nos jours.

Malheureusement les risques et autres dangers liés à ce mode de déplacement vont très vite constituer une préoccupation majeure pour les autorités Ivoiriennes.

En effet, le mauvais usage des routes et des véhicules résultant d’une absence de mentalité adaptée à la circulation, à une formation des usagers de la route qui n’ont pas toujours suivi ces évolutions, a conduit à un accroissement inquiétant du nombre des accidents de la route occasionnant d’énormes pertes en vies humaines, des blessés et des dégâts matériels.
De 1960 à 1961, on enregistre une augmentation remarquable de 50% du nombre d’accidents de la route.

En vue d’améliorer la chaîne logistique des transports dans son ensemble, le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire va engager des réflexions qui vont aboutir à la mise en place d’une politique générale des transports.
A travers cette politique la Côte d’Ivoire s’est engagée à mettre en œuvre une stratégie d’ensemble pour corriger les dysfonctionnements dans le secteur des transports. Cette vision globale trace les orientations pour le sous secteur de la sécurité routière.
C’est ainsi que dès 1960, des mesures d’ordre législatif, réglementaire et structurel ont été progressivement prises pour organiser la prévention routière en Côte d’Ivoire. Ces successions de textes devant régir la prévention routière ont connu leurs épilogues par la création d’une structure faîtière en 1978 dénommée Office de Sécurité Routière en abrégé OSER (loi n° 78-661 du 04 Août 1978). Voir historique.

L’un des pans de l’activité de sécurité routière étant la sensibilisation, nous ne devons pas occulter la voie des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) qui est un puissant vecteur en la matière. C’est dans cette optique qu’il a été mis en place un site web dont l’adresse est  www.officedesecuriteroutiere.ci

Introduire le présent site web me paraît un devoir important et incontournable, tant les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) sont des outils essentiels qu’il convient d’exploiter comme relais dans l’exécution des missions de l’Office de Sécurité Routière (OSER). Il s’agit également de lancer un appel à l’adhésion collective de tous les usagers de la route, piétons, conducteurs de taxis compteurs ou de taxis villes, de camions ou d’autocars, de deux roues, de voitures particulières, aux principes d’actions, aux messages de l’OSER, dont le seul but est la sécurité dans la circulation.
Ce support de communication et d’échange qui ne saurait se prévaloir de la perfection apparaît en revanche comme une référence, un soutien, un appui pour pousser à la réflexion et l’autocensure (ou l’autocorrection) des comportements potentiellement conflictuels dans les déplacements par voie routière.
Aussi convient-il de faire remarquer la nécessité de la contribution des professionnels de la route (constructeurs et transporteurs), de l’automobile (concessionnaires, garagistes, SICTA, etc.), les spécialistes scientifiques, les pédagogues, psychologues ou/et sociologues, les professionnels de la communication (de la télévision, de la radio, de la presse écrite,…) dans l’amélioration de ce site Internet dont la vocation est de servir tout le monde à tous les niveaux.
C’est ici le lieu de féliciter et remercier les partenaires, les opérateurs économiques, publics ou privés, qui ont ainsi manifesté leur confiance à l’OSER dans la production de cet important document de communication. Je profite de cette occasion pour lancer un appel pressant auprès des opérateurs économiques afin qu’ils soient sensibles aux questions de sécurité routière et qu’ils veuillent bien soutenir nos actions par des contributions diverses.
Le site Internet de l’OSER en abrégé, www.officedesecuriteroutiere.ci vient renforcer la communication entre l’OSER et les usagers de la route en offrant des informations générales ou spécialisées et des conseils pratiques.
La route et le véhicule ne pourront assurer pleinement leur rôle de moteur de l’économie et du développement de la Côte d’Ivoire que si, en plus de leur qualité qui doit être préservée, l’homme est informé et formé sur les comportements de conduite, propres à prévenir les accidents de la circulation et garantir la sécurité dont l’expression est l’intégrité physique et mentale, la pleine possession des capacités humaines, indispensables à la construction de la Côte d’Ivoire.

Dr ECHUI Aka Désiré
Directeur Général de l’Office de Sécurité Routière

Facebook Comments

2 réflexions au sujet de « Éditorial du Directeur Général de l’OSER »

  1. Bjr Monsieur le Directeur,votre initiative est très bonne ,je vous en remercie, cependant force est de constater l’accroissement des accidents de la route de manière exponentiel. Selon moi , les raisons sont multiples,et les solutions pour y remédier sont simple: un permis spécial pour les chauffeurs dans le transport en commun qui aura un certain nombre de condition a savoir l age qui doit être fixe a plus de 25 ans ( aujourd’hui on voit des jeunes de 18 ans qui prennent de la drogue et conduit des passagers d’Abidjan à Bouaké dans des mini car(gbaka) ,éliminer les gbaka dans le transport entre différentes villes,redéfinir les procédures d ‘obtention des permis de conduire car en réalité les examens des permis de conduire sont une comédie au vu et au su de tout le monde (corruption)

    1. Nous tenons à vous remercier pour votre contribution à l’amélioration de la sécurité routière. Nous avons toujours souligné et nous le réitérons, la sécurité routière est une responsabilité partagée.
      Vos propositions sont les bienvenues mais du reste, je tiens à vous signaler qu’elles sont pour la plupart déjà prises en compte.
      S’agissant du transport en commun, la formation des acteurs est effectivement incontournable. Avec l’appui de l’Union Européenne, nous avons procédé à la formation d’environ 1500 acteurs du transport routier de marchandises. C’est un projet qui est relayé par la Banque Mondiale à concurrence de 5000 acteurs (gestionnaires et conducteurs) qui va s’étendre certainement au transport en commun de personnes.
      S’agissant du processus d’obtention du permis de conduire, la réforme se poursuit pour l’assainissement et la professionnalisation des établissements de formation. Le processus a connu d’ailleurs une mutation avec la création du Centre de Gestion Intégrée (CGI).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *